Ger ZIJLSTRA
L’oeuvre ouverte
06.04>05.05.2013

De grands tableaux brûlant d’une énergie contenue, des sculptures biomorphes qui s’avancent dans l’espace pour nous interpeller, des assemblages où l’on perçoit, tout à la fois, la précision du geste et la grande énigme de la construction : tout le travail de Ger Zijlstra s’apparente à des dispositifs en action. Des forces sont à l’œuvre dans l’épaisseur des matières et un arc électrique semble se diffuser de proche en proche entre les peintures et les objets, les matériaux et les assemblages. C’est sans doute ce qui frappe le visiteur : tout ce qu’il regarde communique, à l’évidence. De sorte qu’un seul grand assemblage est là, sous nos yeux, comme un  corps qu’il s’agirait de réassembler ou de ressusciter.

Dans un texte demeuré célèbre, Umberto Eco célébrait autrefois ce qu’il appelait « l’œuvre ouverte » : l’œuvre d’art moderne, polyphonique, en tissage permanent, récusant la clôture pour offrir une création en mouvement, ouvertedans sa forme et dans ses interprétations. L’œuvre de Ger Zijlstra est une œuvre de cette nature, mais son ouvertureloin d’être un jeu formel s’apparente plutôt à une entreprise de réconciliation. l’artiste cherche à réassembler le dispersé et à ramener à la vie les âmes errantes de nos vies. Il veut bien  alors absorber pour nous toutes les douleurs interminables, et ses yeux, droits dans les nôtres, ne cillent pas.